Benoit St-Amand: du cancer au titre Paralympique


Quand il a 6 ans, l'Hubertin Benoit St-Amand rêve d'être gardien de but dans la Ligue Nationale de Hockey, comme son idole Patrick Roy. À 15 ans, une simple douleur au genou qu'il pense due au hockey bouleverse sa vie. Il apprend qu'il est atteint d'ostéosarcome, un cancer des os menaçant sa vie, qui lui fera perdre une jambe.

Une dizaine d'années plus tard, contre toute attente, il devient gardien de but avec l'équipe canadienne de hockey sur luge et conférencier partout au Québec auprès d'une très large clientèle. Médaillé d'or des Jeux paralympiques de Turin en 2006, il pourrait ajouter un titre semblable aux Jeux de Sotchi en 2014.


     Le grand combat et l'amputation

C'est en avril 1993, que sa course pour la vie débute. Traitements de chimiothérapie avec tous les effets secondaires connus, dont une perte de poids l'amenant à 78 livres, incluant un plâtre d'une cheville à la hanche. En octobre 1993, il apprend qu'il est en rémission.

Il n'en va pas de même pour sa jambe droite. Ses os, ainsi que les nerfs et muscles  périphériques ont été remplacés par une prothèse métallique interne lors  d'une chirurgie de 12 heures. Mais son corps réagit mal. Plus de deux ans de traitements incessants ne lui redonnent pas une qualité de vie légitime. Il prend l'ultime décision de se faire amputer la jambe au-dessus du genou. Au lendemain de son amputation du 29 juin 1995 il commence déjà à sortir du lit au grand dam des infirmières. Deux jours plus tard, il arpente les corridors de l'hôpital Ste-Justine en béquilles et six jours après l'opération, il reçoit son congé.


     La révélation

En mars 2002, en lavant la vaisselle, il voit les images d'un match de hockey sur luge des Jeux paralympiques à la télévision. Il lance à sa conjointe Véronique qu'il veut essayer ce sport. Dès sa première présence sur la glace c'est le coup de foudre. Il se lève à tous les dimanche matin à 4h00 pour jouer à Repentigny comme attaquant.

Un ami, Dany Verner, lui suggère de tenter sa chance avec la sélection nationale en 2004-05. Il est remarqué et accepté dans l'équipe. Quand l'équipe recherche un gardien, il s'offre. Sceptique, son entraîneur lui offre un week-end pour faire ses preuves. Il épate et participe comme gardien substitut aux Jeux paralympiques de Turin. Il y joue un match contre l'Italie et remporte la médaille d'or. Il remporte aussi l'or comme gardien partant au défi mondial de 2011 à Calgary.

En 2003, il commence aussi à raconter son expérience dans les écoles du Québec et lors de séances de motivation chez les adultes. Il devient un conférencier chevronné, métier qu'il n'aurait jamais pensé faire.


     La vie après le hockey

À la conclusion des Paralympiques de 2014 à Sotchi en Russie où il remporte la médaille de bronze, Benoit décide de prendre sa retraite de l’équipe nationale de hockey sur luge.  Sa décision est basée sur le fait qu’il veut passer plus de temps avec sa famille et préfère que le hockey devienne à nouveau un passe temps.  Il a également le privilège d’être accepté dans un poste à temps plein comme Agent de soutien aux communications chez RBC Banque Royale, endroit où il travaillait déjà via le programme "Athlète Olympique RBC”.


     Moments marquants

Parmi les meilleurs moments de sa vie, il y a son mariage en 2008 à son âme sœur Véronique, l'adoption de sa fille Sydney-Lee, le 29 octobre 2010, sa médaille d'or de Turin en 2006 et la maladie qui l'a rapproché de sa famille. Sa mère Diane qui faisait deux heures d'autobus par jour pour le supporter et son père Claude toujours à ses côtés le soir,  malgré ses 40 heures de travail par semaine, sont devenus depuis ses ange-gardiens.

Crédits:  Pierre Loiselle

© Benoit St-Amand 2014